Nos âmes oubliées

un livre et un témoignage poignant de Stéphane Allix

Cet écrit est la retranscription du podcast : #199 Stéphane Allix : Nos âmes oubliées, sur Métamorphose podcast d’Anne Ghesquière, retrouvez le podcast en bas de page. 

« Dans ce monde de temporalité, notre cerveau nous coupe de cette immense partie de nous même, de qui nous sommes réellement. »

L’ayahuasca chamanique, substance psychédélique très puissante, qui nous met en état de transe, nous permet d’aller dans un monde invisible. Le monde des esprits et de la mort. Pour aller dans ce monde, ce voyage demande de dépasser certaines peurs et blessures, d’être bien entouré et d’en avoir une visée thérapeutique pour ne pas en abuser. (ce n’est pas une drogue, elle est non addictive, à but thérapeutique, mais interdite en Europe).

Une équipe de chercheurs a analysé cette expérience mystique afin d’observer l’activité du cerveau sous prise de psilocybine, une autre substance psychédélique. En réalité, quand le candidat est en pleine extase, au pic de son expérience, ils observent une anomalie, à savoir que le cerveau serait en baisse drastique d’activité et semblerait « s’éteindre », tandis qu’il y aurait une activité intense de la conscience.

C’est le cas lors d’expérience de mort imminente où le cerveau cesserait de fonctionner. Tunnel de lumière, rencontre de personnes décédées, cela a en commun d’être une expérience intense. Induire une expérience de mort imminente ou prendre un psychédélique permettrait de savoir ce qu’il y’a de l’autre coté de la vie. Des thérapeutes clandestins offrent ces expériences. Stéphane Allix chemine, parcourt. La perte de son frère et de son père sont la cause de ses moments dépressifs. Cependant, quelque chose en lui reste fantôme, comme attiré par la mort. Le spleen de Baudelaire lui court après.

Puis, arrive un jour une maladie auto-immune. Aurait-elle un sens, un message à comprendre ? Le corps se fait entendre, quand la conscience ne peut le recevoir. « La conscience est coincée dans une réalité matérielle ». Plus on vieillit, plus certaines choses viennent se manifester et prennent le pouvoir si l’on n’a pas entendu les alertes du corps. Il devient urgent de ne plus mettre sous le tapis les émotions, le mal-être qui est latent. Il y a urgence à comprendre qui il est : « Je veux devenir clair avec moi-même » – « Si je ne suis pas clair avec moi-même, je suis juste l’esclave de mes ombres, de fantômes que je ne connais pas. »

Ces blessures ressurgiraient quand nous sommes prêts. Vivre pendant des années sans en prendre conscience, puis un jour un cataclysme se révèle, sans aucun souvenir, car c’est tellement violent que l’on oublie notre mémoire consciente, on camoufle des événements traumatisants de l’enfance. « Comment imaginer camoufler des éléments de notre vie, de notre enfance ? ». C’est un mécanisme de protection, car « si on n’oublie pas, on meurt… ». Des millions de personnes traversent ces cataclysmes, que l’on oublie. Quelque chose est là, tapi quelque part en nous. 

C’est là que deux choix s’offrent à soi : un est inavouable et dormant, et l’autre insupportable pour le corps et tout notre être. C’est alors que le corps prend le relais et nous renvoie à certaines maladies (mal à dit). Les processus psychédéliques permettent parfois de renouer avec ce passé oublié, pour explorer son inconscient, faire disparaître l’égo. Comprendre l’égo et le mental qui construisent un espace pour nous protéger. Désir d’explorer ce qui se passe de l’autre côté de la mort.

Ici, la thérapie a révélé que l’auteur fut abusé durant sa petite enfance, par une personne de sa famille. Evidence émotionnelle, confronté à une émotion intense mais sans souvenirs réels, puisqu’oubliés. Tiraillement vertigineux, car aucune preuve probante. Mais cela révèlerait les cause possibles « de maladresses, de plusieurs dépressions, de complications en général, cela met une nouvelle lumière sur la vie ». Redevenir attentif à ses émotions, à cet enfant intérieur qui est de nouveau là. Déchirement, de cet inceste qui ne compte aucun souvenir, entre les émotions subjectives et une rationalité. Quand on ne l’a pas vécu comme les EMI, cela semble bizarre, cela semble fade aux autres qui n’ont pas subit cette intensité. Cela n’est pas vérifiable, alors on le fout dehors, loin, et on décide de vivre avec ce qui est vérifiable, dans cette rationalité.

On voudrait porter plainte, mais cela demande de faire un travail thérapeutique en amont parce que ces actes ne sont plus condamnables, car après plusieurs années il y a prescription. De plus, que dire ? « J’ai pris des substances  psychédéliques ». Quelles preuves donner à cela, dans une accusation avec en plus aucun souvenir. Comment faire, quand même « l’avocat de nous-même préfère faire tout disparaitre » et l’agresseur qui lui en plus serait dans le déni, « cela est une double peine pour soi ». « On se terrifie soi-même de la façon dont on réagit face à ce drame. »

Laisser en suspend la question de la preuve, pour se sortir de cette blessure émotionnelle ? Faut-il aller voir la personne, la faire avouer ? Malheureusement, plus que de coutumes, les coupables n’avouent jamais, il est très rare qu’il avouent, même confrontés à des preuves évidentes, et il peut être important pour soi de ne pas redonner à cette même personne le pouvoir de tuer cette part de nous, une deuxième fois.

Stéphane Allix a préféré « raconter pour l’autre, montrer que cela arrive, que cela est bien présent, malgré le manque de souvenirs ». « La vie c’est peut-être essayer de trouver ce point d’équilibre, entre la force et le courage d’affronter ce que l’on doit affronter, tout en maintenant un niveau de sécurité suffisant pour que cela ne nous emporte pas complètement. »

Dissociation d’âme, fragmentation d’âme suite à un traumatisme, il y’ a une perte d’énergie. Une partie de l’ âme préfère partir . « On peut guérir de cette dévastation, de cet inceste ». Grâce à différents outils et en restant bien entourés par les proches mais surtout différentes thérapies holistiques, comme le recouvrement d’âme chamanique, qui permettrait de retrouver cette partie d’âme envolée. « Vous pouvez faire des recouvrements d’âme pour retrouver cette partie d’âme manquante » et « penser à cette dimension spirituelle, qui existe », « aller voir ce quelque chose de beau qui existe en chacun de nous ».

« L’être humain doit nettoyer le maximum pour vivre en harmonie sur cette planète qui en a besoin. » 

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